Mini-témoignages de Survivants de l’Inceste

EXTRAITS DE TÉMOIGNAGES DES MEMBRES SIA



Mon beau-frère était mon abuseur, et revenir à SIA m’a aidé à survivre.

” Je me sens bienvenu, et les gens vivent les mêmes difficultés que moi. Ce sont des personnes bienveillantes qui partagent les mêmes sentiments que moi.”


Je ressens un sentiment d’accomplissement personnel.

“J’ai avoué à quelqu’un d’autre que moi: “Mon oncle a abusé de moi et cela a affecté ma vie.”. Il y a des gens ici qui ont les mêmes expériences, et en parlant de nos problèmes, nous sommes capables de surmonter nos peurs.”


SIA m’a apporté un environnement soutenant

“dans lequel je peux exprimer ma colère par rapport à l’inceste que mon frère m’a fait subir. Le groupe n’est affilié à aucune doctrine religieuse particulière, ce qui m’a aidé à participer honnêtement, parce que je ressens beaucoup de colère contre l’éducation religieuse répressive et partiale que j’ai reçue.”

Lorsque je suis en réunion avec d’autres membres, je me sens en paix,

“Sachant que ne suis pas seul … Pendant de nombreuses années, je pensais que j’étais le seul à avoir été agressé sexuellement par ma mère. Je trouve aussi une ligne de conduite quant aux façons dont je peux gérer les “répercussions” – les effets de l’abus dans ma vie aujourd’hui. SIA signifie qu’il y a de l’espoir.”


Ces textes sont des extraits de la publication “Les Survivants tendent la main aux Survivants”. Titre original: Survivors Reaching Out to Survivors © 1983 Survivors of Incest Anonymous, Inc. ©1998 révision Survivors of Incest Anonymous Inc. Tous droits réservés.


Pour savoir si SIA est pour vous, vous pouvez tout d’abord répondre aux 20 questions de SIA. Comment définit-on l’inceste à SIA, ou quelles sont les caractéristiques des survivants d’abus sexuel? D’autre part, vous pouvez aussi commander des publications, ou bien lire nos témoignages. Assister à une réunion, ou encore découvrir notre programme en 12 étapes. Vous pouvez enfin consulter les questions fréquentes ou nous écrire.


Abus sexuel par mon frère: Témoignage SIA

J’ai grandi dans une famille de trois enfants.

J’étais le dernier. Nos deux parents travaillaient beaucoup et disposaient de peu de temps pour nous. Un jour, mon frère aîné, âgé de quatorze ans (j’en avais dix), s’est approché de moi avec un air méchant que je ne lui connaissais pas. Je me suis éloigné mais il s’est mis à me poursuivre. Il m’a saisi, m’a mis à terre et a cherché à retirer mon pantalon. J’ai lutté de toutes mes forces mais il était plus puissant. Il est parvenu à le baisser et m’a maintenu ainsi un certain temps tout en se moquant de moi.

À de nombreuses reprises, durant plusieurs mois, il a recommencé ce scénario exactement à l’identique.

Progressivement, j’ai pris l’habitude de ne plus réagir, pensant qu’il finirait par arrêter si je ne manifestais plus rien. C’est effectivement ce qui s’est produit, mais il a fallu longtemps. Je n’ai pas le souvenir précis du moment ni du lieu où j’ai informé ma mère. Je me souviens seulement qu’elle m’a répondu qu’il « allait mal ». Probablement lui a-t-elle dit de cesser mais ni lui ni moi n’avons vu de psychologue. Ma mère m’a par ailleurs expliqué que je causerais du tort à la famille si j’en parlais. Je me suis tu. À partir de ce moment, la relation avec mon frère a toujours été malsaine, oscillant entre honte, crainte et (étrangement) culpabilité.

Ces agressions ayant été banalisées par la famille, je les ai moi-même considérées comme secondaires durant des décennies. C’est seulement trente ans plus tard, avec l’aide de psychologues et d’accompagnateurs spirituels, que j’ai pu mesurer leurs conséquences: Fantasmes sexuels obsessionnels (totalement absents auparavant), masturbation compulsive, anxiété pathologique, tristesse, idées morbides, manque général d’énergie, irritabilité, sensation permanente de boule au ventre, sentiment envahissant d’absurdité et d’irréalité, confiance en moi défaillante, difficulté à nouer des relations stables, fréquente dissociation entre le corps et l’esprit.

Avec le recul, je vois nettement que ma vie a été abîmée par ces agressions et par le silence imposé à leur sujet.

Au-delà des symptômes physiques qu’elles ont créés, l’omerta qui s’est instaurée autour d’elles m’a conduit à douter de mes sensations de manière problématique. Je me demandais sans cesse ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas. Cette incertitude s’est révélée handicapante dans ma vie car j’ai longtemps eu les pires difficultés à analyser les situations, à discerner le bien du mal et à prendre des décisions.

De manière très concrète, je dois aussi constater que je n’ai pas été en mesure de fonder un foyer, ce qui est un regret. D’abord un grand complexe m’a très longtemps accompagné au plan sexuel ; en outre, il m’est très difficile d’éprouver un désir persistant dans la durée : la sexualité est à la fois très présente dans mon esprit et insuffisamment dans mon corps. Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, j’ai systématiquement perdu mon désir pour une femme après les premiers rapports physiques avec elle.

Vers quarante ans, j’ai éprouvé l’impérieux besoin de comprendre ce qui s’était passé.

Afin d’éviter les diversions et les manipulations que permet l’oralité, j’ai écrit à mon frère puis à mes parents. J’ai compris à leurs réponses très embarrassées qu’ils avaient conscience de la gravité des faits mais ne voulaient en parler à aucun prix. J’ai donc dû prendre mes distances, malgré les pressions, afin de préserver ma santé.

C’est peu après que j’ai découvert SIA grâce au site internet de l’association.

Dès la première réunion, j’ai senti que j’étais « chez moi », dans un espace sûr, avec des gens qui parlaient la même langue. Y venir régulièrement pour écouter et parler m’a fait le plus grand bien. J’ai compris que ma situation était partagée par d’autres et que des solutions existaient pour aller mieux, à condition de ne plus nier les agressions. La littérature SIA m’a été très utile pour comprendre les mécanismes d’emprise qui sont mis en place par les familles pour garder le secret. J’ai aussi apprécié l’esprit de liberté et l’absence de jugement qui caractérise ces réunions. Aujourd’hui, je continue à les fréquenter avec bienveillance et reconnaissance. 


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